An AYE On: Léo Devienne

On capte le naturel, on observe, on se tait, puis on s’oublie dans le décor, échappant alors à toutes lois, sans but, ou seulement celui d’observer et de capturer. Et dans cette marginalité on se sent libre.

– Léo Devienne

 

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« En France, j’ai toujours aimé observer la rue. À mon avis ça vient du skate, c’est comme ça que j’ai commencé à faire de la vidéo, et que j’ai finalement décidé d’orienter ma carrière vers le cinéma. Quand on skate, on a un rapport à la rue qui est différent. On a l’impression d’être en marge parce qu’on l’exploite comme personne autour de nous. On voit les gens pressés d’aller à leur rendez-vous, la tête dans leurs affaires, sans prendre forcément en considération le spectacle de vie fourmillante qui s’offre à eux continuellement. Nous on traînait, on quêtait la surprise à chaque coin de rue. Comme des gamins émerveillés qui vont jouer dehors, la rue se transformait en terrain vague et le mobilier urbain prenait un autre sens. »

 

 

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« Quand je suis arrivé à Montréal il y’a un peu plus d’un an,  j’ai commencé à shooter dehors, pris alors de passion pour la photo argentique. La photographie, ça a été pour moi une manière de renouer avec cette expérience. Le même sentiment de marginalité, la même déambulation, le même émerveillement face au monde autour de nous, et le retrait analytique qui vient avec. Sauf que cette fois-ci, la caméra est complètement dirigée vers le décor, et les acteurs, ce sont les gens, et non pas nos propres cabrioles. On cherche l’intimité, la caractérisation des gens, le plus possible à leur insu. Parce qu’un instant de vie de quelqu’un qui ne sait pas qu’il est photographié en dit tellement sur lui… »

 

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Leo is a Montreal-Based photographer.