Being a Black Woman in the Tattoo Industry – Entrevue avec Lindsay Julien

Josiane a rencontré Lindsay Julien, artiste tatoueuse en résidence chez Minuit Dix. Rencontre avec une femme qui ne s’est jamais cachée derrière les normes sociales.

 

 


CRÉATION

Qu’est-ce qui t’a amené vers l’industrie du tatouage?

Le dessin a toujours fait partie de ma vie. Je ne crois pas avoir déjà passé une journée sans dessiner. Ma carrière de tatoueuse a commencé chez moi, de façon très DIY. Je me suis procurée une machine sur eBay – don’t do this at home – et j’ai commencé à faire des tatouages sur mes amis et sur moi-même. Au fil du temps, les gens ont commencé à me référer et voyant que ma petite business prenait de l’ampleur, ma mère m’a aménagé un espace dans le garage.

Dans quel état d’esprit étais-tu au début de ta carrière?

Je me sentais privilégiée, car les gens étaient ouverts autours de moi et croyaient en mon talent. J’ai plusieurs amis qui ont encore ces tatouages jusqu’à aujourd’hui, malgré mon manque d’expérience de l’époque.

Quel est ton processus créatif lorsqu’un ou une cliente te demande de créer une pièce personnalisée?

Comme je dessine chaque jour, je suis toujours prête à relever de nouveaux défis. C’est toujours excitant d’avoir carte blanche. Je pars de ce que la personne aime, de ce qu’elle veut et je me laisse aller par la suite à la création libre. Je puise beaucoup d’inspiration dans les images vintage comme les witches, les pinups, l’horreur. Ce qui se faisait dans les années 40 m’inspire beaucoup. J’adore aussi la vibe des comic books.

 

 

 

 

FEMME ET NOIRE DANS L’INDUSTRIE

Est-ce qu’il y a des enjeux par rapport au fait d’être une femme de couleur dans l’industrie?

Je parle seulement pour moi et non au nom de toutes les femmes de couleur mais pour ma part, je n’ai jamais été discriminée à cause de ma couleur de peau. C’est plus par rapport au fait que je suis une femme en général. On me pose des questions qu’on ne poserait pas à un homme, car ça demeure un milieu majoritairement masculin. Il y a de plus en plus de femmes dans l’industrie et c’est encourageant. Les femmes ont une approche plus délicate, sans mettre tout le monde dans le même panier. C’est un métier délicat, mais c’est dépeint comme étant un métier d’homme.

Reçois-tu une bonne proportion de clients de couleur?

De plus en plus, mais pas assez! Je crois que c’est dû au fait que dans nos cultures, il y a certains blocages en raison des stéréotypes négatifs liés aux tatouages. Plusieurs POC vivent dans des contextes plus stricts ou religieux et pourraient recevoir du feedback négatif de leurs familles, leurs entourages ou milieux de travail.

Et ta famille dans tout ça?

Au début, j’ai été reçue avec de l’incompréhension. Mais rapidement, ma famille a accepté ma nature et mon métier. Ma mère m’a toujours laissé m’habiller comme je voulais. Elle n’a jamais été un frein dans mon processus artistique et d’expression de soi.

 

 


 


AFROPUNK

A l’adolescence, comment étais-tu perçue par tes pairs?

J’ai eu beaucoup d’amis POC qui étaient dans la scène punk et metal. J’aime cette scène car je ne m’y suis jamais sentie exclue. Par contre, en dehors de mon cercle d’amis, plusieurs se permettaient des commentaires, parce que je m’habillais pas comme les autres. Les gens me disaient que je me prenais pour Avril Lavigne *rires*. Beaucoup de gens trouvaient ça bizarre, mais many years later, le mouvement Afropunk est devenu plus mainstream et accepté.

A quel moment t’es tu donné le droit d’être toi-même à 100%?

J’ai pas mal toujours été moi-même. Au risque de déplaire à certains membres de ma famille qui auraient voulu que je soie autrement. Ça n’a pas toujours été facile. J’ai même essayé – très brièvement – de rentrer dans le moule, d’écouter la musique que tout le monde écoutait, de m’habiller de façon plus classique. Mais je regarde des photos de cette époque et je n’avais pas l’air bien. Chaque fois que je me suis éloignée de moi-même, je suis toujours revenue très vite.

 

 

 

 

INFLUENCE


Rien de plus beau que de vivre dans ta propre vérité. Je suis vraiment inspirée par ta confiance. Qui sont les femmes qui t’ont inspiré et qui t’inspirent encore aujourd’hui?

Les femmes qui m’inspirent sont des femmes fortes, qui n’ont pas peur de dire Fuck it. Rihanna, Fefe Dobson, Hailey Williams de Paramore et Care Failure de Die Mannequin. Cette fille a une histoire tellement poignante et est tellement unapologetic dans sa musique et dans son esthétique. Chez les tatoueuses, il y a bien sûr Kat Von D.

Quelle est ta plus grande fierté dans ton parcours?

Je suis motivée, déterminée et j’ai l’humilité d’apprendre et d’évoluer. Je me suis fixée un objectif et je l’ai atteint. C’est un métier qui vaut la peine que tu t’investisses. C’est tellement un beau métier, je ne ferais jamais autre chose. J’aimerais beaucoup former d’apprentis tatoueuses et tatoueurs plus tard. Avoir ma propre shop et transmettre mes connaissances et mon savoir. C’est ce que je me souhaite.

 

 

 


 

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