Finding light through darkness: Une entrevue avec Cyber

Je me suis entretenue avec l’artiste montréalaise Cyber, qui a été d’une générosité sans fin et m’a ouvert les portes de son univers. Rencontre avec cette énigmatique et mystérieuse artiste.

crédit: Phanie Éthier

Où puises-tu ton inspiration pour tes créations musicales?

Je m’inspire largement de mes expériences de vie. J’essaie d’être le plus intègre possible au niveau de la création et d’être fidèle à mon émotion. J’ai vécu des choses difficiles, alors très longtemps, le darkness était un marketing aspect de mon image. J’étais très gothique, dark, j’étais entourée de mes démons. Aujourd’hui, je parle de santé mentale, de mes échecs amoureux, mais je prends la liberté d’expérimenter autre chose que la dépression et la noirceur. J’ai évolué en tant que femme, je suis en couple, je suis heureuse et cela se transpose dans mon art. J’ai commencé à 20 ans, et j’en ai maintenant 33, donc il y a sans contredit une évolution dans mon message. Je prône le woman empowerment et je représente la génération d’artistes plus vieilles, qui partagent leur vécu.

Les réseaux sociaux prennent une place importante dans ta carrière. Quand je te regarde, je vois une femme fearless, en plein contrôle de son image et du message qu’elle souhaite projeter. Qu’en penses-tu?

Rien de plus beau pour moi que de voir une femme libérée. Pour ma part, je n’ai aucune barrière. Je suis féministe et ne m’en cache pas. Je souhaite qu’on arrête de croire qu’on dépend des hommes et qu’on doit leur plaire à tout prix. Si tu es une femme extravertie et forte et éclectique, be proud of it, embrace it! Je suis une proud artist of color, et je suis fidèle à mon essence.

Je crois que notre génération a besoin de vivre dans une industrie qui pardonne, qui accepte, qui embrace l’image d’une femme qui a de l’amour à donner, qui est forte et qui connaît sa valeur.

Quel est ton souhait pour les femmes de la scène montréalaise?

Je souhaite que les femmes prennent plus de place dans l’industrie. On a besoin de sound engineers, de rappers, de producers. En tant que femme de couleur, c’est plus difficile faire sa place. On te veut comme back up singer, on veut que tu fasses le hook… Mais ça ne suffit plus. Il est temps qu’on conquiert cette industrie. Plein de femmes que je connais débordent de talent, mais se mordent les lèvres et ont peur. Si je peux en inspirer une à se lancer, j’aurai fait mon travail.

Dans quel univers musical et créatif baignes-tu?

Je me retrouve dans l’univers des années 90. Erykah Badu, Timbaland, Janet Jackson, les OG de cette décennie sont ceux qui me parlent plus. Mon plus récent projet, Equilibrium est très électronique, je suis allée puiser des influences plus contemporaines, telles que Robyn. Mais je respire toujours l’essence R&B de mes débuts.  Actuellement, je sens que je mûris et j’enlève un peu des layers sous lesquelles je me cachais. J’ai envie de retourner aux sources.

La photographie est une forme d’art qui te parle énormément. Peux-tu nous parler d’un.e photographe qui te parle particulièrement?

Devon Maurice. J’adore la façon dont il s’exprime. Il est très conceptuel, ses mises en scène sont toujours raw et authentiques. Quand tu le regardes, tu vois qu’il est un peu outsider et je me reconnais dans cet aspect de sa personnalité. Je suis tombée en amour avec la façon dont il explique et raconte son art. Il laisse les gens imaginer le concept et le contexte de ses pièces. Il se laisse aller avec les couleurs et les textures. En regardant ses photos, tu peux sentir tout le vécu derrière cet être sensible et vrai. Il nous parle de racial et sexual identity, de sexualité, de paix d’esprit et de bien-être. Son identité d’artiste représente ce que je veux représenter.


Cyber’s long awaited album “Equilibrium” is a tribute to love and all its aspects. Her personal and vulnerable point of view showcases the infatuation that anyone can go through when in love. After a difficult breakup, she emancipated herself to find her own voice and appeared to the public as Cyber ith her hit “Down Low” produced by Kaytranada. Through the process of making her first album, she is now able to introduce herself to the public as her most authentic and balanced self. “Equilibrium” includes compositions from CRi, GrandBuda and Nabi-Patrick Kétouré while being executive produced by LUST and Cyber. This album is a journey, and was a way for her to make peace with the complexities of a heartbreak and the celebration of love.

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