TOP 10 ALBUM – 2016

1. Various—Sky Girl

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Mon coup de cœur de l’année 2016, cette compilation si parfaitement faite par deux DJ français, sortie sur le label australien Efficient Space. On y retrouve un choix éclectique d’une vingtaine de chansons tout aussi belle les unes que les autres. Ce qui m’a le plus charmé avec cette compilation c’est la finesse de sa sélection, la cohésion d’un lot musical aussi hétérogène est vraiment impressionnante. Cette compil va dans absolument tous les sens de la dancy new-wave pop à la psych folk en passant par la soft electro. Le thème de la lecture : Sky girl aussi vaste soit-il. Au premier réflexe, on pourrait penser qu’il s’agira de musique inclusivement faite par des femmes, mais non ce n’est pas le cas, ce serait surement trop facile. Il s’agit d’un album magique de musique sensible, confessionnal, intime, d’une douceur triste. À écouter si on veut braver des souvenirs, des absences présentes.

2. Danny Brown—Atrocity Exhibition

AtrocityExhibition

Le rap corrosif du Danny Brun se retrouve au top deux de mes albums de l’année. Du dark rap catchy et hyperactif. Un album de bangers, d’agressivité, de featuring de feu (Kelela, Kendrick, Earl et j’en passe), de vérité qu’on censure dans les magasins de disque parce que les p’tits messieurs qui achètent leur disque lèche-cul de Chet Baker veulent pas l’entendre. C’est d’autant plus pourquoi cet album se retrouve au numéro deux de mon top de l’année.

3. Rakta — III

Rakta

Un album de quatre p’tites filles brésiliennes qui te garrochent de l’asphalte dans la face. Mon girl crush de l’année. Post-punk, PsychDeath, Glam Distorsion. Les ambiances machinales sont folles, les synths cérémonials aussi, le drum un peu kraut et parfois tribal me fait fondre, les voix mystérieuses pleines de reverb et de delay sont hallucinantes. C’est cool, j’aime ça. VENDU. Un album parfait pour les journées où tu as le goût de sauter dans une piscine vidé de son eau. Je classe III de Rakta 3e place dans mon top de l’année pour l’audace de cet album et le fearless mood de ce Girlband.

4. David Bowie—Black Star

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Oui, il était inconcevable de ne pas mentionner Black Star de David Bowie dans mes frissons de l’année. Je crois que je n’ai pas besoin de me justifier davantage, une écoute (si ce n’est pas déjà fait) et vous comprendrez pourquoi.

5. Peter Zummo – The tape is Chill (from the ‘’Dress Code [Don’t look at my car]“ Mini Album)

PEter Zummo

Une découverte incontestable pour moi en 2016 = Peter Zummo. C’est en faisant des recherches sur un artiste que j’apprécie beaucoup Arthur Russell que je suis tombée sur cet humain. Les deux ont fait plusieurs collabos ensemble. Zummo a étudié avec des grands noms de la musique contemporaine, dont Sam Rivers et John Cage, à la Wesleyan University, et cela transparait dans son œuvre. The tape is Chill est un album lascif post-minimaliste, nu jazz, on y retrouve des mélodies de trombone à couper le souffle et des soubresauts de tabla (fucking) exquis. Une musique enrobante à écouter à la brunâtre.

6. Adrian Younge – The Electronique Void (Black Noise)

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Adrian Younge m’a littéralement surpris cette année avec son album sorti à la fin septembre. Habituellement producteur de musique R & B mielleuse très générique à mon sens (sauf quand il travaille avec Ghostface Killah), il récidive avec une nouvelle façade de sa personnalité. The Electronique Void (Black Noise) un album équilibré entre productions Hip Hop gentille et références à la early musique électronique déjantée. (Mort Garson, Wendy Carlos…). Cet album se classe 6e au palmarès de 2016 pour la versatilité musicale que l’artiste nous lègue ici.

7. Kaytlin Aurelia Smith & Suzanne Ciani — Sunergy

Sunergy

Quand j’ai vu que cette collaboration sortait cette année, je suis littéralement tombé de ma chaise. Suzanne Ciani, duchesse de la musique électronique du early 80’s, qui s’allie à ma pref Kaytlin Aurelia Smith, musicienne geek de synthés analogues. Sunergy est une musique organique de synthétiseur qui aide clairement à faire pousser les plantes plus rapidement. En plus, mon coté féministe est full comblé parce que ce sont deux madames qui repoussent les spectres de la musique électronique actuelle. Je n’avais pas le choix de les intégrer dans mon top 10 des albums de l’année. Des vraies gear’s geek. *Vous êtes fortement invité à aller regarder des vidéos ou bien des photos de ces deux femmes derrière leur set up de machine c’est très impressionnant de voir comment elles sont connaisseuses de leur machine.

8. Tim Hecker—Love streams

Tim HEcker

Musique planante électronique pour faire semblant de s’intéresser à la mathématique quantique. De la musique de formes, de brouillard, de non — lieu, un doux potage de drone. Il faut par contre ne pas être pressée lorsqu’on écoute Love streams de Tim Hecker ; il s’agit d’un album que l’on écoute, et non que l’on entend en faisant la vaisselle. La richesse de cet album se tient dans sa procession, dans l’arrangement des couches de synths, de guit électrique et de voix.

9. Yuseef Kamal — Black Focus

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2015 était à Kamasi Washington pour le jazz actuel. 2016 est au batteur Yuseef Kamal. Son album Black Focus s’écoute bien en mangeant un bœuf Wellington dans le confort de son chez-soi. Quoique je ne sois pas un très grand fan des dernières lubies jazz de notre époque, je me suis laissée séduire par cette réappropriation d’un jazz fusion fromagé ajusté au gout du jour. Je dirais que le début de l’album est plutôt confortable, c’est l’apothéose de l’album que je trouve le plus intéressant. Les quatre dernières tracks sont exquises, j’y attends des allusions à la scary-disco de Rinder & Lewis et à la dance intelligente de Todd Terje.

10. Mon bonbon de l’année : le douze pouces de Project Pablo — Beaubien Dream — 3 tracks de pure splenda.

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Une douce minimale boogie house progressive. Un produit de 2016 sortit sur son label, SOBO (Sounds of Beaubien Ouest) fondé avec Seb Cowan de Arbutus Records. Beaubien Dream musique granuleuse de dunes, de warm synthé, de mélodie riche, de dance-pop hypocalorique.

 

*S/O à BADBADNOTGOOD et son dernier album IV aussi.

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